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Rencontres photographiques de Timisoara du 9 au 24 juin 2005
(R)EVOLUTIONS ?



En juin 2005, le Centre Culturel Français mettra en place les premières Rencontres Photographiques de Timisoara intitulées « SUREXPOSITIONS », rencontres entre la photographie documentaire et la photographie artistique.

Afin de dynamiter les frontières intellectuelles et artistiques entre la photographie ‘documentaire’ et la photographie ‘artistique’, ces Rencontres, destinées à devenir un événement annuel, sont des Rencontres de toutes les photographies. Conçues comme un moment de questionnement et de décryptage des images, il s’agira à la fois de Rencontres professionnelles et d’expositions destinées au grand public.

Dans un monde saturé d’images médiatiques et personnelles, ces Rencontres permettront de réfléchir sur le statut et la fonction des images dans notre société et de se demander quelle valeur ont encore les photographies documentaires. A force d’être exposée, l’image perd-elle ses couleurs et son sens ? Ne devient-elle pas une symbolisation supplémentaire de stéréotypes ? Le regard de l’artiste sur le monde, par le biais de la photographie, peut–il alors redonner du sens aux images?

Les frontières entre la photographie ‘artistique’ et le photojournalisme sont sujettes à bouleversements, comme le constate Michel Poivert dans son article Le photojournalisme érigé en objet culturel ; le reporter, entre artiste et témoin historique, l’esthétisation du photojournalisme, la photographie plasticienne, comme le témoignage d’un contexte socio-historique.

L’une des spécificités de ces Rencontres sera de mettre en évidence le regard de l’Europe Centrale sur cette question.

Pour cette première édition, la problématique s’articule entre l’idée d’Evolution et celle de Révolution. Les sociétés d’Europe Centrale ont connu ces cinquante dernières années des bouleversements considérables. Il s’agira, à travers le regard du photographe – reporter et artiste – de rendre visible cette évolution mais aussi de lui associer un sens.

Cette évolution a aussi été traversée de coups d’accélération qui ont pris la forme de révolutions et façonné l’imaginaire collectif par les images qui en ont été diffusées : de Budapest en 1956, en passant par Prague en 1968, jusqu’à Belgrade en 2000, sans oublier bien sûr Timisoara en 1989. Réfléchir sur les images des Révolutions en Europe Centrale c’est aussi réfléchir sur le concept même de révolution : comment et pourquoi les images de ces événements ont-elles contribué à définir ces événements de « Révolutions » ?

Ces Rencontres se dérouleront à Timisoara ; or, la question de l’image de Timisoara est intimement liée à la question des images elles-mêmes, celles diffusées par les journaux du monde entier en décembre 1989. Timisoara est devenue la ville de la manipulation par l’image, le symbole du danger des images documentaires qui, prétendant donner à voir la réalité, la travestissent. Le vocable même a suivi l’image : on ne parle pas en Europe occidentale de la révolution de Timisoara, mais « des événements de Timisoara ».